Catégorie : communication non violente (Page 1 of 3)

Supposition, pré-supposition, malentendu, malentendant social

«  Je ne sais pas pour quelle raison elle repartait si tard, la cousine. Oui, ok, avec ma femme Elisabeth, nous l’avions invitée à venir diner avec nous quand elle veut, quand elle peut. » Depuis son divorce, elle était seule. Nous, on aime être là pour les autres. Alors, on lui avait dit qu’elle est la bienvenue chez nous, qu’on serait contents de la voir, et toutes ces choses qu’on dit pour faire plaisir.  » 

 » Mais elle venait tous les deux mois, parfois même plus. Faut dire qu’elle habite à côté. Elle s’invitait littéralement ! La semaine avant, elle nous appelait pour nous proposer qu’elle vienne diner avec nous tel jour. Quel toupet ! Evidemment, ça ne se dit pas de refuser. »

 » Et puis surtout elle ne partait plus ! Elle devrait le savoir, le soir les gens vont se coucher le soir ! Mais elle n’en avait rien à faire, car à la fin du repas, quand Eli lui proposait une tisane, elle acceptait. La cousine adore les tisanes d’Eli. Mais quand même, on ne comprenait pas pourquoi elle n’avait pas la politesse de rentrer chez elle ! « 

 » Tu sais, elle est un peu simplette ma cousine … comment on dit, c’est pas le pingouin qui glisse le plus loin, si tu vois ce que je veux dire. Mais je suis tolérant moi, j’accepte tout le monde, et on faisait tout ce qu’on pouvait pour lui être agréables. »

« A la fin des repas ma femme lui disait de partir. Oui enfin, elle le disait de façon diplomate, bien sûr. Alors ma femme disait des phrases du genre,  » Demain, on va aller faire des courses « , ou encore  »  J’espère que le repas t’a plu ? « , et d’autres allusions, on ne peut plus claires ! Mais la cousine ne comprenait pas : Elle restait là à siroter sa tisane ! « 

 » Faut dire qu’elle est un peu longue à la comprenette, surtout depuis sa rupture avec Georges. Elle avait pris le virage de la quarantaine d’une drôle de façon ! Elle avait des lectures bizarres, pas comme tout le monde en tout cas. D’ailleurs, elle n’avait plus de réseaux sociaux, elle n’était même pas au courant de toutes ces affreuses catastrophes dans le monde ! Quel manque de respect, non ? Enfin bon, on est tolérants, et puis c’est ma cousine. Enfin bref. « 

 » Un jour, elle nous a parlé des accords toltèques. Avec Eli, on n’a rien dit, mais elle était tombée dans une secte, c’est sûr ! Elle ne nous en a jamais reparlé, d’ailleurs. Une autre fois, elle nous a même dit que la vie est simple quand on la prend telle qu’elle est. Là, avec Eli, on s’est regardés, et on s’est compris : oui, elle est simple et n’a pas de suite dans le raisonnement, la vie est tellement compliquée, en vérité ! Si la Vie est simple pour elle, alors je comprends mieux son manque de respect, sa légèreté, et c’est pas étonnant qu’elle soit célibataire « 

 » Tu sais, avec Eli on n’a jamais rien dit. On est tolérants, on est des gens bienveillants. Heureusement, elle a fini pas déménager. On était soulagés. Mais parfois, les gens peuvent vraiment être toxiques ! « .

 

… j’ai vécu récemment un récit très proche de celui-ci. Un récit plein de suppositions, plein d’attentes, plein d’une tolérance … égotique. Quand on quitte la farandole des suppositions, on se libère d’énormément de chaines. Les chaines de projeter l’autre en soi. Cette personne ne se met pas à la place de l’autre, elle met l’autre à sa place : comme si nous fonctionnions tous de la même manière.

Nous sommes tous différents dans nos modes de fonctionnement. Et plus on est emprisonnés de suppositions, plus on enferme l’autre, et on le juge alors qu’on se prétend tolérant : La personne qui parle ici se dit tolérante à une forme de petite débilité mentale d’une cousine qui n’a fait que répondre à son invitation à garder un lien familial de temps en temps. Dans ce récit, je lis une farandole de suppositions qui mènent à des  » oui mais quand même, elle (la cousine) aurait dû deviner que ».

Il faudrait poser les questions : qui l’a invitée à venir, la cousine ? ;  » ça veut dire quoi, rester tard ?  »  » tard c’est quelle heure ?  » ;  » est-ce que tard pour toi, c’est tard pour tout le monde ?  » ,  » qui lui offre une tisane à la fin du repas ?  » ;  » selon toi, si tu me proposes une tisane, et que tu sais que j’adore tes tisanes, pourquoi je devrais refuser ?  » ,  » as-tu proposé qu’elle vienne plutôt un soir où tu es ok pour te coucher un peu plus tard pour une fois ?  » ;  » Si tu n’aimes pas que ta cousine vienne, pourquoi tu l’as invitée ?  » ,  » si on te dit qu’on apprécie ta présence, et qu’en fait c’est pas vrai, qui est en train de mentir ?  » ;  » Qui es-tu pour juger cette personne de simplette alors que tu te dis tolérant ?  » ;  » tu crois que les autres sont en toi, en permanence, à savoir ce que tu n’exprimes pas, et même à savoir que ce que tu dis est parfois l’inverse de ce que tu penses ?  » ;   » Les accords toltèques, est-ce que tu t’y es intéressée vraiment, ou bien as-tu « deviné » que c’est surement une secte ?  » ; etc… mais ces questions, on ne peut pas les poser, puisque la pensée est braquée.

 

EDUQUES DANS LES IDEES RECUES

… Je suis encore rempli de ces suppositions, mais je suis très heureux, plus léger, plus libre, d’avoir quitté le monde des attentes non exprimées. La vie est tellement plus simple sans idées reçues !

Les idées reçues, j’ai grandit avec, on m’a éduqué avec amour mais aussi avec ces idées reçues. Nous avons tous grandit dans les idées reçues. Elles sont même collectives, et parfois érigées en loi. De là écoulent une multitude de ce que j’appelle les racismes ordinaires. Inconscients, collectifs, tolérés, parfois même légalisés.

 

LA VALEUR DES ETRES

Un jour, une personne m’a répondu  » Oui bien sûr, tu as raison, on est tous différents, elle a le droit de penser la vie autrement  » … puis  » mais ma façon de penser est la bonne « .

On attribue à l’autre soit une valeur variable en fonction de ce qu’on projette que la personne, soit une valeur fixe, celle de l’être vivant.

A chaque fois qu’on voit dans l’autre, autre chose qu’un être dynamique, c’est-à-dire en mouvement constant, sensible à la vie, eh bien à chacune de ces fois, on nie sa propre « être-itude », son propre lien à la vie. Nous sommes tous liés par la Vie, nous sommes tous vivants.

Et nous pouvons tous, si nous le choisissons, vivre soit dans le conflit, dans l’incompréhension, dans les attentes, de nous prendre pour des Dieux décideurs de ce qu’il faut ou ne faut pas… ou décider de choisir la Vie, le mouvement, et lâcher nos vérités pour quelques secondes, quelques minutes, quelques heures, quelques temps…

 

La colère, l’émotion surévaluée en MTC

Le rôle excessif de la colère dans les causes de maladie en médecine chinoise

 

Vers la fin de sa vie, pendant une dizaine d’années, Giovanni Maciocia s’est particulièrement intéressé à la Psyché, dont il a tiré son dernier livre. Le plus grand auteur moderne de médecine chinoise a notamment mis en lumière le rôle excessif que nous portons à la colère dans les causes de maladie. Il l’a expliqué lors d’une conférence quelque temps avant son décès.

 

Durant la décade de recherches qu’il a mené avant de publier « La Psyché en Médecine chinoise », Giovanni Maciocia a étudié le confucianisme, le taoïsme et le légalisme, ainsi que l’influence de ces écoles sur la médecine chinoise. Il a lu les livres les plus obscurs concernant le concept du soi à la fin de la dynastie Han en Chine. L’une de ses thèses est que nous surestimons le rôle du taoïsme dans la médecine chinoise, et que nous sous-estimons celui du confucianisme. Et il pense que le confucianisme a eu une influence énorme sur la médecine chinoise — plus grande encore que le marxisme-léninisme moderne, en réalité.

Dans le Huang Di Nei Jing, certaines affirmations relèvent du taoïsme, et d’autres du confucianisme. Et beaucoup d’énoncés d’inspiration confucianiste ne s’appliquent pas vraiment à nous, car le sens du « soi » dans la philosophie confucianiste est complètement différent de notre sens occidental du soi. Beaucoup de ce qui est dit sur les émotions, par exemple, ne s’applique pas nécessairement à nous.

La colère surévaluée

Selon Giovanni Maciocia, la colère est surévaluée comme cause de maladie, aussi bien en Chine qu’en Occident. En Chine, lorsqu’on présente une liste d’émotions, la colère se trouve toujours en tête, et en Occident aussi. Maciocia le reliait au fait que la colère est l’émotion la plus perturbatrice du point de vue confucianiste.

En effet, le confucianisme est entièrement centré sur un système d’éthique familiale et sociale, dans lequel chacun a un rôle, des devoirs et des responsabilités. Si chacun suit ses devoirs conformément à son rôle, l’harmonie règne dans la famille et dans la société. Et la colère perturbe cette harmonie, car la colère pousse à la rébellion. Si l’on est triste ou en deuil, on ne se rebelle pas. Ainsi, du point de vue confucianiste, la colère est l’émotion la plus disruptive.

Quand on parle, par exemple, de montée du Yang du Foie, c’est du Qi qui contre-circule. En chinois, on appelle cela « Ni ». Et si l’on regarde le caractère « Ni », il porte une forte connotation politique. Lorsque le Yang du Foie s’élève, cela signifie « se rebeller, désobéir, défier, aller à l’encontre » : ce n’est pas un problème médical, c’est un problème politique ! Et d’ailleurs, le principe de traitement est « Shun », c’est-à-dire « faire que le Qi aille dans la bonne direction ». Et si l’on observe le sens de « Shun », cela signifie « se conformer, obéir ». La aussi, il s’agit d’un concept politique, non médical !

Ainsi, la colère est bien sûr une cause émotionnelle de maladie, et elle est courante. Mais elle est surestimée en raison de l’influence confucianiste dans la médecine chinoise.

Selon Giovanni Maciocia, les émotions bien plus fréquentes et durables que l’on observe chez les patients sont quatre : la tristesse, le deuil lié à la séparation et à la perte, l’inquiétude et la culpabilité … comme par hasard, ce sont les émotions identifiées par les psychothérapies bienveillantes actuelles

Relations amour et la haine sont joie et tristesse – Spinoza

Pour Spinoza, il n’existe en fait que ces deux sentiments fondamentaux : la joie et la tristesse.

Lorsque quelque chose ou quelqu’un nous apporte de la joie, nous allons concevoir de l’amour pour cette chose et inversement lorsque nous imaginons quelque chose qui diminue notre désir d’exister, nous allons concevoir de la haine pour cette chose. Donc au couple fondamental de sentiment joie-tristesse correspond à un deuxième couple de sentiments à savoir le couple amour et haine.

Spinoza dit que « tout ce qui provoque en nous un sentiment d’amour, nous voulons le faire croître, et tout ce qui provoque en nous un sentiment de haine, nous voulons l’anéantir »

Lorsque nous ressentons de la joie et que cette joie est associée à  une cause extérieure à nous, par exemple à une personne, nous avons une tendance naturelle à vouloir conserver cette personne près de nous, car elle maintient notre sentiment de joie. Et donc nous éprouvons de l’amour pour cette personne.

Spinoza nous dit que l’amour est une joie qui est toujours accompagnée de l’idée d’une cause extérieure à nous, c’est parce que lorsque nous aimons quelqu’un, nous ne pouvons pas sortir de nous-mêmes pour nous attacher à cette personne, nous ne pouvons pas fusionner avec la personne que nous aimons. Chaque fois que nous imaginons la personne que nous aimons, nous nous réjouissons d’exister, et cette réjouissance renforce notre propre désir d’exister, et donc notre désir de durer dans l’existence. C’est comme ça qu’on peut confondre la joie d’exister que nous procure la présence de la personne (et la volonté légitime de garder ces émotions), et la personne elle-même. C’est comme ça que vient la tentation de s’approprier une personne, la dépendance affective, mais aussi la jalousie.

Symétriquement, la haine est toujours une tristesse accompagnée de l’idée d’une cause extérieure à nous. Nous haïssons toute chose ou toute personne qui nous empêche de nous aimer nous-même, et donc qui fait diminuer notre désir d’exister ce que nous haïssons nous allons donc non seulement nous efforcer de l’éloigner de notre pensée mais aussi de le détruire. C’est comme ça que nous confondons la personne et les émotions que sa présence provoquent en nous, en nous menant à faire du mal à la personne alors que nous voulons échapper aux émotions que nous ressentons.

Nos sentiments d’amour et de haine ne sont pas véritablement orientés vers autrui, mais fonctionnent plutôt comme un baromètre qui nous indique les variations d’intensité de notre désir d’exister, et ces variations dépendent toujours des idées que nous nous formons des choses extérieures.

Notre désir d’exister et l’illusion d’un amour auto-suffisant

Notre désir d’exister et l’illusion d’un amour auto-suffisant

suite de cet autre billet

Nous sommes des êtres connectés, nous ne sommes pas des entités autonomes. Ni d’un point de vue corporel, ni d’un point de vue émotionnel. Tout comme nous avons besoin d’apports extérieurs pour que notre corps vive, tout comme ces aliments doivent être de qualité et adaptés à notre mode de vie, tout comme nous avons besoin de ne pas être en carence ni en excès de nos aliments corporels, nous avons tout autant besoin de nourriture émotionnelle (et spirituelle) pour être bien dans nos cœurs. Et notre santé émotionnelle est directement liée à notre santé corporelle et spirituelle.

Ainsi, il est tout à fait normal de soigner nos relations avec l’extérieur aussi dans le domaine de ce qu’on appelle le relationnel, et de nourrir nos besoins fondamentaux que sont le lien, l’acceptation et le lien à la communauté, la reconnaissance, l’affection, le partage humain, la qualité de nos nourritures non-matérielles telles que la pureté de l’air, l’origine naturelle de nos liens, l’adéquation de ces nourritures avec nos valeurs et nos croyances et nos comportements.

Ces apports nous sont indispensables, ce ne sont pas des nourritures pour les personnes qui sont émotionnellement faibles. C’est même un signe de déséquilibres psychique que de vivre seul et isolé affectivement. D’ailleurs, les personnes seules vivent nettement moins vieilles que les personnes entourées, et une autre étude menée depuis 1938 montre que le premier facteur de bonne santé n’est pas la nourriture, ni la condition sociale, ni l’air qu’on respire, mais le fait d’être entouré (d’humains).

De plus, nous comprenons que la présence de l’autre est notre meilleur alliée pour augmenter et nourrir notre joie d’exister. En somme, c’est un égoïsme intelligent, car nourrit par la présence de l’autre. C’est en étant avec l’autre que l’on est bien avec soi, et inversement.

 

Aversion, Attachement, Sagesse une autre vision du bien-être

D’où vient le bonheur ? De façon plus large, je parle ici de ma tranquillité, de ma sérénité, de mon bien-être physique et psychique.

Est-ce que le bonheur c’est quelque chose qui devrait nous être apporté, offert de façon automatique? Est-ce que le bonheur c’est quelque chose qui doit venir de personnes et de circonstances extérieures ? Donc, est-ce que je suis dépendant de facteurs extérieurs pour mon bonheur ?

Par exemple, est-ce que c’est ma partenaire qui doit m’apporter le bien-être au quotidien ? C’est donc sur elle que repose mon bonheur ? Ou bien aussi sur mes enfants ? Ils devraient être comme ci et comme ça pour préserver ma paix, et me faciliter mon rôle de parent ? Au travail c’est mon patron qui devrait m’assurer mon cadre de travail paisible ? Le gouvernement, les médecins et les enseignants devraient être là pour mon bien-être ? C’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont payés avec mes impôts, non ?

Est-ce que j’ai le droit de faire ça, si j’aime vraiment ma partenaire, mes enfants, mes amis ? Qui suis-je pour attendre de mes proches, des dirigeants ou des fonctionnaires qu’ils devraient se comporter comme moi je l’entends ?

Si je fais cela, je mets mon bonheur entre les mains des autres, et notamment entre celles de personnes qui me sont inconnues. Et je ne suis pas sûr d’aimer cette conception de la vie, de ma vie !

D’ailleurs, mon bonheur à moi, ma paix et mon plaisir de vivre, est très différent de celui de toute autre personne ! Les uns aiment le salé, les autres le sucré, les uns la ville d’autres la campagne, les uns aiment le foot d’autres aiment la musique, etc…  Comment pourrais-je attendre des autres qu’ils nourrissent, eux, mon bonheur propre, singulier ? Si je crois au Père Noël, je peux lui écrire la lettre de ce que voudrais comme bonheur. Non, franchement, je n’aime pas quand c’est les autres qui décident à ma place ils ne font jamais exactement les choix que moi j’aurais fait.

Le monde ne peut pas tourner selon ma volonté ! Réaliser cela, c’est réaliser que l’égo est surdimensionné en moi : le monde ne tourne pas comme moi je le voudrais, et si je passe ma vie à combattre la vie qui se présente à moi, parce qu’elle n’est pas comme je l’imagine : Parce qu’il faut remplir des obligations je devrais en être dispensé et que le pays tournerait mieux si c’était mieux organisé ; Parce que la météo est mauvaise et qu’elle devrait toujours être comme moi je voudrais ; Parce que mon voisin devrait plutôt aller se faire soigner chez docteur bidule il serait moins chiant à vivre ; Parce que ce con ne démarre pas assez vite au feu, il devrait accélérer ; etc …  mais quelle vie !!!  Quelle vie !

C’est aussi les autres et la vie qui me prive de bonheur : si j’avais plus d’argent je pourrais m’acheter voiture de mes rêves ; Si j’étais plus beau je pourrais sortir avec des belles femmes ; Je voudrais avoir un frigo rempli de fruits. Etc… Mais je n’ai pas tout ça, et je suis privé de ma tranquilité intérieure.

 

Premier constat : je ne peux pas trouver de bonheur de sérénité, de tranquillité et d’apaisement si je suis dans le combat de trouver la paix ! On ne peut pas être en guerre et en paix en même temps !

Première question : Peut-être que je peux cesser mes guerres internes ?

Qu’est-ce qui m’empêche d’être heureux vraiment et durablement ?

D’une part, si je réfléchis à tous les désagréments, tout ce qui empêche mon bien-être intérieur, je remarque que tout tombe dans deux familles d’émotions :

D’une part l’aversion c’est à dire toutes mes mouvements de recul, qui vont du simple mouvement de recul devant quelque chose qui me déplaît, par exemple le mouvement de recul que j’ai devant un aliment qui me déplaît, en passant par la frustration, le rejet, la colère jusqu’à la haine. Tout ça, ce sont des aversions, quand je veux m’éloigner de ce qui se présente à moi. C’est un mouvement de repli qui s’exprime vers l’extérieur : quand je me mets en colère, je repousse ce qui se présent à moi, je mets des barrières, des panneaux « il est interdit de », et je peux passer beaucoup de temps et d’énergie à cela. Ce qui me mène à des pensées des paroles et des actes qui sont dirigés vers le fait de me protéger de ce qui me déplait : le rejet sous toutes se formes, y compris les plus violentes. Sinon, je suis colérique.

Pourtant, il existe l’antidote ! C’est le détachement, le lâcher prise, la prise de recul, le fait de calmer l’égo, d’arrêter de vouloir que le monde tourne comme je veux, d’arrêter de forcer les évènements, de laisser aller, d’être plus tolérant. Accepter et aimer de qui est.

D’autre part, l’autre sentiment qui m’empêche d’être heureux c’est l’attachement, c’est un mouvement inverse que le rejet, c’est la volonté d’attirer vers moi ce que je voudrais avoir, être, faire. Je voudrais la voiture que je ne peux pas avoir, je voudrais avoir plus d’argent, je voudrais faire tel métier, je voudrais voyager, je voudrais que telle personne m’aime etc…  en somme c’est tout ce que je n’ai pas et que je voudrais avoir ! Ce qui me mène à des pensées des paroles et des actes qui sont dirigés vers le fait de combler ces désirs : remplir, même si c’est en trichant un peu ou beaucoup avec les choses et les gens, pour obtenir ce que je veux. Sinon, je suis malheureux.

Pourtant il existe une antidote ! C’est le détachement, c’est le discernement, c’est calmer l’égo, c’est arreter de vouloir que la vie soit comme je voudrais, c’est cesser de forcer, être tolérant, accepter ce qui est, aimer ce qui est.

Oui, l’antidote est la même, c’est une vision un peu plus haute, éclairée, celle qui permet de prendre de la distance avec les évènements et de considérer le contexte.

Outil de Coaching les peurs en CNV

prendre conscience des peurs.

quelles sont les peurs ? que disent-elles de moi ? comment sont-elles utiles ?  non jugement.  les peurs me servent, mais je veux me libérer de cette peur.

anxiétés :
ça s’est passé, c’est du passé.
que puis-je tirer de positif de ce que j’ai vécu de pénible ?
quelles sont mes ressources ?
suis-je si vulnérable ?
quelles programmations puis-je déprogrammées ?
je veux tendre vers autre chose. je m’imagine dans une autre posture

je ressens la vie : je danse, je chante, je m’exprime. quelles activités artistiques ? quelles passions ? quelles sont mes ressources de vie, de joie de vivre ?

 

 

 

CNV Outil de réflexion

Outil de réflexion personnelle

Utilisez ce document pour enregistrer vos pensées et réfléchir aux défis auxquels vous avez été confronté.

 

Considérez un défi auquel vous avez été confronté au cours des six derniers mois…

Quel était l’événement ?

 

 

Comment vous êtes-vous senti par rapport à cet événement ?

 

 

Quelles émotions avez-vous ressenties ? Listez les émotions

 

 

À quoi pensiez-vous lorsque l’événement s’est produit ?

 

 

Comment avez-vous réagi ?

 

 

Pourquoi pensez-vous avoir réagi de la sorte ?

 

 

Comment cela a-t-il affecté la situation ?

 

 

Comment cela a-t-il affecté les autres ?

 

 

 

 

 

IDENTIFIEZ LA CHAINE REACTIONNELLE

 

Déconnectez-vous de votre réaction émotionnelle : respirez profondément :

 

1) Décrivez la situation sans jugement / ni diagnostic / ni étiquette : l’événement

 

 

2) Décrivez vos pensées, émotions, ressentis corporels

 

 

3) Décrivez sans jugement / ni diagnostic / ni étiquette : votre réponse comportementale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DANS LE PRESENT

Connectez-vous à votre propre empathie : quels besoins sont troublés / non nourris à l’occasion de cet évènement ?

 

La situation a bloqué le flux naturel joyeux de la vie en vous : où dans votre corps, quelles sensations, quelles couleurs, quels ressentis ?

 

 

Listez les besoins non nourris :

 

 

 

Quelle serait votre réponse à la situation SANS répondre à votre réaction émotionnelle ? Si vous ne vous étiez pas senti : émotions…. Comment auriez-vous réagi ? Tout en n’oubliant pas vos besoins ?

 

 

 

Connectez-vous à l’empathie et sans jugement avec l’autre personne et découvrez quels besoins ne sont pas nourris en lui / elle, qui ont causé son comportement ?

 

 

Comment pourriez-vous formuler une phrase :

 

Je suis _______ (émotion)   mon besoin de  ______  (besoin non nourri),  j’ai besoin que tu  _____ (requête)

Ou

Peut-être que tu es (son émotion) , qui répond à ____ (son besoin) j’ai besoin que tu exprimes ce que tu attends de moi

 

 

 

De l’injonction « sois heureux »

Coachs ou annoncés comme tels, guérisseuses, chamanes, conseillers en bien-être, naturopathes, psychothérapeutes, art-thérapeutes, etc… trop souvent j’entends des paroles qui se résument à :

 » sois heureux  »

ça peut être :  » on ne peut être heureux si on est dans la colère ou la peur « , ou  » on ne peut pas être en paix avec les autres si on ne l’est pas avec soi « , ou encore  » il faut éliminer les énergies qui nous tirent vers le bas pour pouvoir nous élever  »

La plupart du temps, ça part d’un bon sentiment : on voudrait voir la personne heureuse.

Mais est-ce qu’on dit à une personne malade  » on ne peut pas être heureux si on a un cancer « , ou encore  » pour t’élever, peut-être que tu pourrais penser à ne pas avoir ta sclérose en plaque  » ou encore  » si tu n’avais pas ce mal de tête aussi souvent, tu serais plus heureuse, tu ne crois pas ?  »

Ce n’est pas une méthode de donner des conseils sous forme d’injonctions déguisées.

C’est renvoyer la personne à ses souffrances, ça ne l’aide pas, et ça ne fait que creuser la plaie, et ce genre de  » conseils  » peut même aigrir la personne avec une pensée  » il/elle ne me comprend pas ».

C’est aussi d’une certaine manière démissionner de sa fonction de conseiller et/ou d’ami, car cette personne a juste envie d’entendre  » je t’écoute  » au lieu de  » je te dis ce que tu devrais faire  » que contiennent ces « conseils ».

ALORS QUOI FAIRE ?

Ecouter ! qui sait encore écouter ? Tout simplement ! Ecouter, c’est ne pas interpréter, car chaque-un possède sa propre carte du monde. Ecouter sans juger selon sa propre carte du monde, permet d’accéder à la carte du monde de l’autre, et puis d’entrer en connexion avec l’Être vivant que vous avez en face de vous.

L’Être : pas seulement l’ami, le client, le collègue, le pote, le voisin,
pas seulement ce que vous savez de cette personne, car vous ne savez que très peu de choses d’elle, même si vous êtes le conjoint … (d’ailleurs qui vous connait vraiment, vous ? Voudriez-vous qu’on vous connaisse vraiment ? non ? eh bien les autres pas non plus)
pas seulement ce que la « personne » exprime dans ses apparences, à savoir ses habits, sa coiffure, son apparence physique;

Nous sommes bien autre chose que tout ce qui se rapporte au « je ». Nous sommes aussi « suis » : je suis.

Les maux émotionnels comme la peur, la colère, la tristesse, le ressentiment etc… sont comme les maladies du corps : elles nous coupent du « je suis », et elles nous projettent dans l’urgence de retrouver la paix, la simple paix !

Celle qu’on n’a pas quand on a mal aux dents, ou mal à la tête : ce n’est pas autre chose que cela !

Dans ces moments-là, nous dire qu’on devrait quitter les émotions qui nous habitent c’est comme nous dire de quitter le mal de tête ou le mal de dents : ce n’est pas comme ça que ça marche !  Car « s’élever » et « prendre soin de son soi intérieur », concerne le « je suis », et ne se commande pas !

Ca ne se commande pas, ça s’acquière

La paix intérieure ne se commande pas. Elle s’acquière à force de s’exercer à l’intériorité, à faire de la place. Mais quand on n’est pas bien, les émotions sont comme une maladie physique, elles prennent toute la place des pensées. Les émotions rendent la vue trouble.

Et aux émotions répond le plus vite le mental, qui protège, le conservateur, celui qui ne veut pas bouger de ce qu’il connait. Dans un tel contexte, venir et dire  » il faut s’élever  » est une agression. L’enjeu est de calmer les émotions pour libérer la pensée, puis le coeur de ses chaines émotionnelles.

On peut faire quoi concrètement ?

On peut accompagner ! Ecouter vraiment, avec le coeur, sans juger, sans donner de conseils. Encourager. Ne pas insister trop sur les qualités de la personne. Rester doux, présent. Soyez présents physiquement : ne faites jamais de séances d’écoute par SMS ! C’est vraiment quelque chose qui limite énormément, et les pièges de l’écrit réduit sont très nombreux !

Calmer les émotions, c’est d’entrainer la personne à s’exprimer certes, et de l’entrainer doucement vers la liberté de la paix intérieure. Capter un souvenir heureux, capter une exception à la généralisation, puis très très doucement l’entrainer vers le positif. C’est un véritable travail de patience, car en tant qu’ami ou coach, on a tendance à vouloir aller trop vite, puisqu’on n’est pas dans cette pensée extrême.

 

 

Lorsque nos besoins ne sont pas satisfaits, nous pouvons nous sentir … CNV

FATIGUE   :  épuisé –  inerte  – léthargique  – indifférent  – ramolli   –  dépasséimpuissant  – lourd  – endormi  – saturé  – sans élan  – rompu

TRISTESSE   :    navrépeiné  –mélancolique  – sombre  – découragé  – désabu  –  en détresse  – déprimé  – d’humeur noire  – consterné  – démoralisé  – désespéré  – dépité  – seul   – impuissant  –   sur la réserve  – mécontent  –  malheureux  – chagriné  – cafardeux  – blessé   –  abattu –  débordé

DEGOUT  :  dégoûté  –  écœuré

PEUR  :    alarmé  – apeuré  –  angoissé  – anxieux   – inquiet  – effrayé
gêné
  – transi  – tendu  –  sur ses gardes   – bloqué  – craintif  – avec la trouille   – fragile  – vulnérable

TERREUR   :   terrifié  – horrifié  – glacé de peur   – paniqué  – terrorisé
épouvanté

COLERE   :     en colère   –  enragé   –  exaspéré  – agacé  –  contrarié  –  nerveux  – irrité  – qui en a mare   – amer  – plein de ressentiment   – horripilé   – crispé   – ulcéré   – excédé  – furieux  –   hors de moi  –   enragé  –    impatient

CONFUSION   :  perplexe  –   hésitant  – troublé  –  inconfortable  – embrouillé  – tiraillé  – partagé  – déchiré  – embarrassé  – embêté
mal à l’aise
  – frustré   – méfiant  – bloqué  – agité  –

SURPRISE  :    stupéfait  perplexe  sidéré  choqué  effaré  dépassé
abasourdi
  ébahi  hésitant  démuni  désorienté  décontenancé
étonné
  intrigué


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