J’hésite à intitulé ce besoin entre douceur et tendresse. La tendresse me vient en premier, puis elle prend une tournure davantage humaine, et finalement non, la tendresse est dans le soi, à l’intérieur.

Mon recul de l’action est peut-être en lien avec ce besoin de tendresse. Chaque jour, j’ai besoin de tendresse. Elle se trouve dans la musique du réveil, dans les plis de la couette, dans la texture de la serviette éponge, dans le moment-café, dans les musiques célestes qui accompagnent le moment d’avant la plongée dans le bruit de la vie dite active.

Est-il normal, ce besoin de tendresse ?

Qu’est-ce qui est normal ?

 

Les îlots du soi

J’ai l’impression que c’est un handicap, que ce besoin « excessif » est en lien avec … avec quoi ? Avec ce sentiment de solitude ? Plus exactement, ce sentiment d’être incompris.

Nous sommes tous uniques, profondément singuliers. Sur nos ilôts, nous sommes seuls. Et isolés.

 

Singulières richesses

Pourtant, ces singularités sont nos richesses. Richesses singulières. Nous avons tant à apporter aux autres au travers de ce qui nous est propre. Comment est-ce possible ? Ce qui nous est propre est particulier, comment ce qui nous est unique peut enrichir les autres ? Pourtant, nous nous nourrissons de ces moments où des petites loupiotes s’allument en soi, nous nous émerveillons devant la maturité de certains traits que tracent d’autres en soi comme des étoiles filantes déchirent l’unité insondable du ciel nocturne. Comment nos singularités peuvent-elles tant nous inspirer, nous donner à respirer un air nouveau, nous pousser ou nous repousser ?