Le taoïsme occidental est dénué de spiritualité. C’est la refléxion qui me vient quand j’étudie, selon un sens très personnel de ce verbe, la médecine chinoise. « Ma » médecine chinoise trouve ses racines dans le taoïste, dans le sens de l’observation de la nature. Mais la version qui me parvient, à moi occidental, du taoïsme, semble dénué de tout l’aspect spirituel. A force de parcourir, de chercher une médecine chinoise qui selon moi est bien autre chose que des aiguilles et des maladies, version occidentale que je rejette, je sens bien que la spiritualité tient une grande place dans la médecine chinoise. Ceci dans la façon de penser taoïste, dans la pratique de la vie quotidienne et dans la façon de mener les actes de la vie. Ce n’est que timidement que les aspects spirituels sont présents dans la « MTC » moderne, admise par le communisme et par le capitalisme qui partagent le rejet de tout ce qui se passe en dehors du monde du palpable moneyable. bref.

C’est de cette manière que je m’ouvre de plus en plus aux aspects non seulement psychiques (encore un aspect oublié) de la MTC, mais aussi aux aspects spirituels.

En MTC, nous connaissons le Shen, cet étage subtil de toute forme de vie. Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est cette notion de Shen du coeur, celle de Hun et celle de Po.

Si le coeur est « l’Empereur » de tous les systèmes-organes, ce n’est pas parce qu’il fait circuler le sang. Ok, mais alors, pourquoi, d’un point de vue purement fonctionnel, le Coeur est-il si important ? Pourquoi ne serait-ce pas le système Rein, du fait qu’il est le puits de la vie ? Ou encore le système Rate, du fait qu’il produit le Qi « fonctionnel » ?

Le Coeur est l’organe le plus important parce qu’il est non seulement le maitre des fonctions cérébrales, mais aussi le centre spirituel Shen. Giovanni Maciocia, pourtant un grand prêtre d’une MTC occidentalisée, s’st ouvert sur ces notion spirituelles à la fin de sa vie.

Les 5 Shen, et le Grand Shen, ne sont pas des « étages » des 5 éléments. Le Shen fait pleinement partie de l’organisation de la vie.

Et le Shen délivre des aspects plus subtils de la vie. C’est au travers de ce Shen que se manifeste la Vie elle-même, cet éclat des yeux, l’aura, la source des souffles ou flux de vie.

Le Hun est la part éthérée de la vie, la part liée au Ciel, Yang il retourne dans le grand tout à la mort de l’être vivant. C’est la part de souffle céleste, mais aussi psychique, qui est investie en tout être vivant, potentiel à la conception et investit dans les premiers jours de la naissance. Si le potentiel de vie n’est pas investit de Hun, l’entité « vie » n’est pas viable et c’est la fausse couche.

Le Po est l’âme corporelle, liée à la Terre et qui retourne à la Terre à la mort. C’est une notion plus facile à appréhender pour le cerveau d’occidental. Et nous sommes matière !

Les aspects « Shen » des autres systèmes-organes ne sont pas spirituels, mais plutôt cérérbraux, psychiques. Pour ma part, je continue mes avancées vers l’aspect spirituel, car je sens qu’autre chose m’attend derrière les portes du Shen.

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Derrière les portes du Shen

C’est par les portes du Shen que je m’ouvre donc actuellement au monde, vaste et fascinant, d’un taoïsme qui m’emmène loin de la matière. Et c’est ce que je voulais.

Mais je ne veux pas verser dans un taoïsme religieux, car j’estime que les religions prémachent des spiritualités pour en offrir des systèmes de croyances. Confortables et pratiques, ces religions ne sont pas de mon goût, j’ai besoin de saisir l’âme de toute chose pour lui donner vie en moi.

C’est de cette manière, personnelle une fois de plus, que j’aborde le taoïsme ancestral, bien plus riche que la lecture des 81 versets du Tao Te King.

Au-delà des écrits

L’écrit fige, définit, alors la vie s’arrête. Une fois écrite, une idée perd la vie. Les traditions orales, elles, restent vivantes et dynamiques. L’historien n’a aucune chance avec les mots parlés, il a besoin de la photo d’un instant, celle que défini un auteur au travers des mots d’une époque et d’une compréhension qui, eux, sont révolus.

C’est ce qui m’a mené à m’intéresser aux témoins vivants des traditions vivantes, encore aujourd’hui, de ce taoïsme ancestral. J’entame donc un cycle de lectures dont des idées germes, lesquelles sont consignées ici.

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Sandrine Chenivesse « la forteresse des âmes mortes, voyage initiatique dans les montagnes taoïstes » – Actes Sud, 2024.

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« Certaines montagnes sont personnifiées et incarnent un dieu » (p74). Le taoïsme spirituel vivant est loin d’une religion éthérée, « céleste » au sens judéo-chrétien. Les montagnes du taoïsme sont des géants, des élévations vers l’uni-vers, un lien vers le « grand tout ». Uniques et ne se renconrant jamais, elles dominent le paysage et sont visibles de loin. Leurs faces représentent le rythme de la vie, matin, midi, soir, et les saisons de la vie. Il est nécessaire de les gravir pour contempler le paysage à son tour l’existence. Pour la gravir, la regarder de loin est décourageant, mais quand on se contente de la contempler de loin sans envie mais en portant son attention sur chaque pas, alors elle se laisse gravir au travers de la connexion au présent, et soudain « on y est » arrivé.

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(page 37) « Les souffles esprits (Hun) reliés au Ciel, et les souffles corporels (Po) reliés à la Terre. »

Le Hun est la part éthérée de la vie, la part liée au Ciel, Yang il retourne dans le grand tout à la mort de l’être vivant. C’est la part de souffle céleste, mais aussi psychique, qui est investie en tout être vivant, potentiel à la conception et investit dans les premiers jours de la naissance. Si le potentiel de vie n’est pas investit de Hun, l’entité « vie » n’est pas viable et c’est la fausse couche. Le Hun doit rester intègre en soi, équilibré et bien nourri, sinon c’est la maladie qui menace, psychique et Yang. Une maladie aigue et Yang est aussi une menace, ou une conséquence d’un déséquilibre des Hun. La peau, bien matérielle, est une barrière pour les Hun qui sont eux spirituels. En cas de problème, les techniques psycho-corporelles sont généralement suffisantes pour remettre l’ensemble en homéostasie. C’est ici plus « facile » du fait que le Hun a tendance à monter, et étant lié au psychisme, il comprend le langage des mots et est sensible à l’hypnose.

Le Po est l’âme corporelle, liée à la Terre et qui retourne à la Terre à la mort. C’est une notion plus facile à appréhender pour le cerveau d’occidental. Et nous sommes matière ! Si le Po ne retourne pas correctement à la Terre, le Po risque d’errer comme une âme perdue. C’est là qu’interviennent les danses chamaniques, les cérémonies très animées, pour les fixer.

Une âme mal morte est attrappée par le Gui, et le purgatoire sont les « Sources Jaunes »

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La divination comme moyen – P64

Cérémonies, masques, marionettes, poupées, rituels, musique, rôles, transe…sont vivants, encore aujourd’hui, dans une divination qui est un moyen de résolution et d’assurance. La religiosité est donc toute relative dans cette acception. Et les pratiques évoluent, dans l’air du temps, car ce dernier ne s’arrête pas, les chinois n’ont pas figé le temps, tout ça est très vivant, dynamique, les musiques sont assourdissantes et très actuelles.

Il existe un taoïsme religieux « sérieux », développé notamment en Europe, dont je ne connais pas les définitions exactes. Cependant j’ai suffisamment compris qu’il est notamment instruit par un « gourou » qui edicte des vérités, ce qui me suffit pour l’assimiler à une pratique figée.

Le rôle de médium était autrefois attribué à un enfant ‘ »baton de divination » pour transmettre les oracles à ceux qui viennent consulter les dieux. Il nous en restent, en occident, que le Yi King. Mais en Asie, ces cérémonies et dieux sont des moyens encore vifs pour les humains de cultiver le lien avec les mondes immatériels. Avec le monde du Ciel, et le monde de la Terre. Pour la tranquilité des humains.

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L’astrologie – P66

La Grande Ourse est une constellation exorciste vénérée encore aujourd’hui.

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La tradition – P75

La tradition structure et protège. Elle donne les fondations pour accueillir l’adversité, et à en faire un chemon d’évolution. On retrouve ici le principe d’évolution sous la difficulté. L’adversité révèle, met en lumière la sensibilité, la finesse du soi dans le sens qu’on donne aux choses.

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La partie et le tout – P75

L’homme microcosme fait partie du macrocosme qu’est l’univers tout entier qu’il contient lui-même en même temps.

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L’avenir initiatique – P76 – L’explorateur de soi

l’àd-venir est initiatique car nouveau. Ce qui est réellement nouveau ne peut être une variation du déjà connu. Et donc, par définition, la nouveauté, l’in-connu pose ses propres fondements conceptuels. C’est là que réside le plus souvent notre résistance à embrasser la nouveau. Car il n’entre pas dans les cases du connu. Il faut du courage et le goût du risque pour accueillir cet ad-venir, dans une adeversité qui est désamorcée par l’accueil. L’ad-venir est donc une exploration du monde par l’étudiant de la vie que je suis.  Cela peut se manifester par le lâcher-prise : « ok, cette situation m’est vraiment inconfortable, même désagréable, est c’est déjà ma nouveauté, mon in-connu que je suis en train de vivre, et c’est ok ».

Que la nouveauté soit subie ou choisie, elle nous ensaigne.

La nouveauté retenue par la force de la résistance dont les digues sont déjà poreuses va nous ensaigner, souvent plus mais de façon plus désagréable que si l’on s’est abandonné à l’accueillir. Cela ne veut pas dire lâcher ses valeurs. Cela veut seulement dire de ne pas passer son énergie à vouloir conserver ce qui n’existe déjà plus.