Aborder la pensée de la médecine chinoise est une expérience avec soi-même, au travers de l’acceptation d’un concept de vie supplémentaire à notre monde rationaliste. Faisons une expérience de pensée…

 

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Quand la physique quantique nous embête

En physique classique, les propriétés d’un objet ne dépendent pas de la mesure. Par exemple, si un radar mesure votre vitesse, le radar fait une mesure d’une vitesse que votre voiture a, qu’elle soit mesurée ou non. Ce n’est pas parce qu’un radar mesure votre vitesse que votre voiture a une vitesse : votre voiture avait déjà une vitesse, le radar n’a fait qu’un enregistrement de cette vitesse.

En physique quantique, ça devient faux :  si vous prenez une particule quantique, si vous mesurez sa position, puis ensuite vous mesurez sa vitesse, vous n’obtenez pas les mêmes résultats que si vous mesurez d’abord la vitesse puis la position. L’ordre dans lequel sont faites les mesures n’est pas indifférent, et c’est cette propriété on appelle la non-commutativité des observables. Les objets quantiques ne peuvent jamais se comporter comme des objets classiques, car ils n’obeissent simplement pas aux même lois.

C’est vertigineux, non ?  

Certains objets n’obéissent donc pas aux lois de la physique qu’on a toujours connue, celle qui est dans notre conditionnement, celle qui fait que nous disons « c’est logique », celle qui correspond à notre « bon sens », à « l’évidence ».

Il existe donc deux façons de raisonner ? Deux logiques ?! Comment peut-on imaginer deux façons de raisonner ?! C’est pas logique !

On n’a pas besoin de plonger dans la  compréhension des deux physiques quantique et classique pour comprendre que deux façons de raisonner existent, mais sans que l’une n’annule l’autre !

La façon de raisonner commune, unique et collective est bousculée : il n’existe pas une seule physique, mais plusieurs, aujourd’hui deux, peut-être davantage encore demain, et leurs formalismes sont différents.

 

Des façons de penser le monde différentes et non concurrentes

On parlait ici de physiques, et de la même manière, pourquoi tout devrait-il fonctionner selon l’unique rationalité habituelle ?

La rationalité obeit à des lois, celle justement de l’observation. Mais pourquoi certains aspects de notre vie ne pourraient-ils pas fonctionner selon une autre logique, sans qu’on les oppose ?

De la spiritualité à la médecine naturelle, en passant par les émotions ou les sentiments, les lois de rationalité classique ne s’appliquent pas. Pourtant, une idée existe alors qu’on ne peut pas la saisir avec une pince quand on ouvre le crâne de quelqu’un. Pourtant, une émotion existe, alors qu’elle n’obeit pas aux lois classiques.

 

Les médecines classiques et les autres

La médecine classique, allopathique, occidentale, obéît à un certain nombre de lois mécanistes, et elle aborde la santé par la recherche de la maladie du patient. Cette médecine ignore les aspects émotionnels, les aspects psychiques, spirituels, et tout de qui n’est pas admis comme répondant aux lois de la rationalité. Pourtant, cette médecine fonctionne, elle a de remarquables résultats sur les maladies, qu’aucune médecine dite naturelle ne peut atteindre, et de loin.

 

Un crime, non, difficile à cerner, oui !

Seulement, les médecines naturelles n’obéissent simplement pas aux lois de la médecine mécaniste. Est-ce un crime ? Non ! Est-ce difficile à cerner ? Oui ! C’est aussi difficile à cerner que le problème que nous pose à notre cerveau conditionné le fait que deux physiques existent. Le point commun, c’est que ces façons de penser, ces logiques différentes, ne s’appliquent pas aux mêmes objets !

 

L’expérience de pensée

Pour admettre l’existence des médecines naturelles, ouvrons notre esprit au travers d’une expérience de pensée. Et si une autre manière de considérer l’existence cohabitait avec le monde dit le la logique rationaliste ? Et si on pouvait ne pas être obligé de trancher, ni de classer les uns et les autres selon des chapelles opposées, mais de simplement considérer les choses de notre existence selon des modes de pensée non concurrents mais collaboratifs ?

 

L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne

Pour entrer dans le monde des médecines naturelles, il faut pratiquer une ouverture d’esprit. Mais la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas une fracture du crâne, et généralement, ça ne fait pas mal sauf si on s’identifie à ses croyances.

Tout comme la spiritualité n’obeit pas aux lois de la logique rationaliste, tout comme la psychologie des émotions n’est pas observable au microscope, les médecines naturelles reposent sur des façons d’observer le monde différentes, sur une logique différente.

 

La médecine chinoise, les médecines chinoises

La médecine chinoise repose sur des principes d’observation de la nature, en déduit des fonctionnements, et stimule l’équilibre naturel encore appelé harmonisation ou homéostasie. Elle le fait en considérant l’ensemble de la personne, qui elle-même fait partie d’un ensemble plus grand. Son formalisme repose sur des principes comme le Yin et le Yang et le principe des mouvements, les notions de souffles (ou Qi), sur une vision globale et intégrative de la Vie, sur des principes taoïstes d’observation de la nature et ses transformation.

Ses principes fondamentaux sont riches et profonds car ils englobent, selon les obédiences, tous les aspects de la Vie, y compris les plus « étranges » qui ont même disparu des standards de la MTC admis par le communisme. Diverses « écoles » existent, et c’est tant mieux car la standardisation est réductrice, la diversité est richesse.

 

La pensée monolithique

Ainsi, la physique quantique a du mal à exister pleinement à cause de la difficulté de concevoir qu’une autre physique ait le droit d’exister dans le cerveau des gens bien formés, et la médecine chinoise a du mal à exister pour la même raison : une vision unique, séparatiste, et même fanatique des concepts de vie centrés sur ce qui a le droit d’exister officiellement, à savoir les lois de la physique classique, au détriment d’une vision multiple, riche, collaborative.