Le tribunal du peuple
2026 : Une fois de plus, la justice des Hommes sali, réduit, se réjouit de haine.
Au printemps, les médias se sont focalisés sur le cas d’une petite fille enlevée, violée et tuée. Le peuple s’est ému, comment un homme peut-il en arriver là ? Pendant ce temps, les pères et les oncles continuaient de violer les enfants. Enfants oubliés ? non, cachés !
Cette année aussi, « on » a beaucoup parlé de cette célébrité, cet homme acccusé de viols et d’agressions sexuelles suite à un coming out de l’une de ses victimes. Les Maires, sherrifs des villes, se sont mis au diapason du peuple vengeur en réclamant l’annulation de la tournée de ce chanteur (lequel a tardé à calmer les esprits). Voilà donc que les Maires dénoncent les violeurs ? Non ! seulement le violeur célèbre, celui dont le nom est jeté sur la place publique pour bénéficier d’une célébrité inversée. Mais quid des violeurs anonymes de tous nos quartiers, riches et pauvres ? Les Maires déploient-ils leurs » cette personne n’est pas la bienvenue dans notre ville, dans nos rues, dans nos clubs de sport » ? Que néni !
Le cycle bloquant coupable-victime
Donc, les coupables sont désignés par les médias, et condamnés par le peuple et leurs sherrifs ?
Et si les coupables passent au tribunal, seront-ils pour autant responsables ? j’en doute.
Les postures de coupable et victime sont des constructions mentales. Elles n’existent pas dans la nature. Celui/cellequi est coupable, celui/celle qui est victime, ne sont pas éduqués à grandir de compréhension et de sagesse par ces postures qui classent et stigmatisent dans des rôles. Les psychothérapies cultivent généralement les postures en mettant au jour des déclencheurs. Est-ce de l’élévation pour autant ?
La sagesse ne peut venir de l’analyse
Une psychothérapie effective s’inscrit dans l’absence de jugement, dans la plongée dans notre plus pure humanité, là où nous sommes des animaux comme les autres, à la fois fragiles et forts, à la fois impulsifs et réfléchis. Un animal qui apprend la vie « éduque » son impulsion, laquelle est dirigée par ses besoins. Ce que nous appelons des « limites » n’est pas privatif si ce qui constitue la « limite » fait partie des besoins. Nous voyons les meneurs et les soumis d’une meute de loups, mais c’est une vision anthropocentrée pleine de jugements. Dans la grande roue de la Vie, le plus « faible » des loups a autant de place, d’importance, que la femelle meneuse.
où est la maladie ?
L’humain mâle est-il donc malade ? Est-ce plutôt le modèle sociétal qui porte en lui les déviances ? Des déviances structurelles qui sont bien plus profondes, que les émergences des « faits divers » ne représentent pas.
Personne ne devrait « être » victime, personne ne devrait « être » coupable. Quand l’identité est affectée par une posture, comment l’être vivant peut-il en guérir ? Comment l’être peut-il émerger au-delà des schémas ?
Et les cibles ?
Chaque agression, physique ou psychologique, est une blessure dans le coeur de la personne agressée. Chaque ! Et si les efforts des ministres étaient consacrés à une approche humaniste de ces actes versus la réactionite de Sherriff ?
La méfiance
J’ai été un camarade de classé harcelé, je connais l’état intérieur que cela inscrit dans le fond de l’âme. Et la période covid m’a montré qu’au fond, les « gens » n’ont pas changé, ces élèves, actifs mais surtout les passifs complices et lâches, sont toujours là. C’est sous-jacent.
Un autre humain ou un autre personnage
La nature humaine est pourtant douce, quand l’autre est considéré comme un humain, comme un autre soi. Un principe boudhiste considère tout être doué de vie comme étant « sa mère » : fait-on du mal à sa mère ? Ce principe de sagesse est valable autant pour l’agresseur que pour les juges. Ainsi, comment un père peut-il s’en prendre à son enfant ? Par le même chemin que le peuple condamne la célébrité en oubliant le voisin violeur : la posture appelle la posture, et les humanité se dissolvent dans l’acide de la haine.
Sawubona.