Je ne suis responsable que de ce que je peux changer. Et je ne peux changer que mon comportement.

Mon comportement est la manifestation de mon Être.
Mon comportement est à la connexion entre mon Être et l’extérieur.

Quel extérieur ? Pas le monde extérieur. Mais celui-ci est aussi une construction, c’est la résultante de toutes mes perceptions et croyances, ma carte du monde est interne.

Mon comportement agit plutôt sur les interactions avec l’extérieur de moi. Il s’agit des autres, mais aussi de tout ce qui a rapport avec la vie en dehors de moi.  Or je me nourris, j’ai besoin de ce qui m’est extérieur. Mais si le monde est ma carte, celle-ci étant interne, où est l’extérieur ? Il se trouve dans les cartes du monde des autres. Le territoire, lui, est notre inaccessible commun.

Mon comportement me permet d’avoir accès à la nourriture, c’est à dire à l’apport extérieur en air, alimentation, amour, relations, interactions. Sans nourriture, je meurs. La matière en a besoin, et tout ce qui en moi est lié au monde en a besoin, le corps et le cœur. La matière et l’affection.

L’esprit, lui, se nourrit de l’univers, lequel se trouve en tout, partout, à tout moment : il n’y a pas ni extérieur ni intérieur, ni nourriture ni besoin, ni temps ni matière, pas de relation, de reliance car tout est là et maintenant et ici.

Tant que je suis matière, j’ai besoin de cette reliance avec le monde en moi, petits points partiels du territoire. Mon comportement, c’est ma façon de fonctionner, la manifestation de mon Être, mon message au monde est aussi mon panier de nourriture. C’est lui que je peux ajuster, en le faisant devenir la manifestation de mon Être. Mais alors, cette peau qu’est mon lien au monde, doit aussi être la porte d’entrée de ce que je peux recevoir. Par mon comportement, je choisis la manière dont je nourris ma réalité, à savoir mon monde intérieur, ma carte du monde. En faisant ces choix, je nourris mon Être. La nourriture que je choisis va plus ou moins correspondre à mes valeurs, et à mon identité, mon Être.

Si mon comportement est aligné, je nourris mon identité. Si mon comportement ne correspond pas, il y a une mauvaise alimentation de mon identité, ou alors cette nourriture n’est pas complète. Plus je tends vers un alignement cohérent, plus je serai nourris, en harmonie, équilibré. Pour cela, je peux utiliser mes talents naturels, qui sont mon langage à moi pour transmettre ma nourriture au monde extérieur. Le comportement c’est ma façon de fonctionner, c’est la peau de mon identité.

Identifier mes valeurs, mes croyances, mes réalités, et aussi mes façons de fonctionner et mes talents naturels est un chemin que j’ai à faire tous les jours. Cela me permet de m’éloigner de ce qui ne me correspond pas. Ce sont des deuils à faire. Ce qui ne me correspond pas dont je me suis approché, m’a apporté : tout ce qui arrive arrive pour de bonnes raisons, des raisons d’apprendre. Mais ce n’est pas une raison pour rester en contact avec ce qui ne me nourris pas, car je vais m’y épuiser.

S’éloigner, exprimer son besoin de ne plus être en contact, est important, vital. On n’a pas besoin pour cela de critiquer ce qui ne nous correspond pas. Parfois, il arrive qu’on soit devant des perturbations, c’est à dire des comportements d’autres qui détruisent ma nourriture, mon oxygène, ma reliance au monde. A ce moment-là aussi, mon comportement a son importance; le non-agir n’est pas rien faire et laisser faire. C’est plutôt ne pas s’opposer, dans le sens de l’aikido. Et l’aikido se pratique en étant : centré !

Car finalement, c’est en soi, au plus profond, que se trouve la seule nourriture essentielle, celle que personne ne peut nous enlever, la flamme de l’Amour universel, cette conviction profonde qu’on appelle foi, ce qui me fait avancer dans la nuit, ce qui me fait traverser leurs enfers car ils n’auront jamais mon paradis.

Je considère un cycle : mon comportement est la manifestation de mon identité, au travers de la culture de mes valeurs, mises en formes par mes talents naturels, le comportement étant la peau de l’identité, la face visible de l’extérieur. Cette peau correspond à la porte de sortie et d’entrée de ma reliance au monde extérieur.

Je dois y appliquer les accords toltèques : Une expression non blessante, je sais que rien n’est dirigé contre mon être profond, ce qui vient à moi ne correspond pas à ce que je crois comprendre, et je suis bienveillant avec moi et le monde en veillant à rester aligné.

Namaste