La culpabilité de l’agressé
Nous vivons dans une société où les agresseurs se croient tout permis. C’est alors aux agressés de se débrouiller avec les agressions. Les agressés sont censés gérer : gérer leurs émotions, l’émotivité jugée excessive. Ah bon, c’est donc excessif de ne pas accepter d’être agressé ? On ne parle pas des agresseurs, sinon dans le discours hypocrite des agresseurs qui se sentent agressés.
La réponse à une agression verbale, ce n’est pas ça l’agression !
Re plaçons l’église au milieu du village : Non, répondre à une agression ne constitue pas l’agression. Même si on culpabilise, même si on estime s’y être mal pris, avoir être excessif. Primo, l’agressé n’a pas généré l’agression.
L’agresseur sait toujours qu’il / elle agresse
Soit l’agresseur sait immédiatement qu’il agresse : une petite voix intérieure le sait. Cette petite voix, ce n’est pas une culpabilité. C’est juste un petite voix très neutre, très factuelle. Cette petite voix qui reviendra sur le lit de mort et qui gâchera le souvenir de tout la vie, d’ailleurs. Certains sont forts pour s’auto-cacher cette conscience.
Soit l’agresseur le saura au travers de la réponse. Et c’est important qu’il / elle le sache ! Autrement, il se croira permis de recommencer ! Répondre, c’est seulement tendre un miroir, plus ou moins déformant. Mais le reflet du miroir appartient à celui qui se voit dedans. C’est à l’agresseur de se débrouiller avec la réponse, ce n’est pas à l’agressé de mesurer, adapter, analyser, etc…
Agression franche ou travaillée, c’est idem.
Certains prennent des cours de … manipulation par les mots. On trouvera tout un tas de programmes pour manager pour ça. Peu importe les dénominations. Chez certaines personnes, c’est un don naturel. Qu’elle soit directe ou « travaillée », une agression est une agression. POINT. Il n’y a pas lieu de faire de distinctions.
L’agression subtile des pervers
Une personne qui agresse de façon « subtile », c’est-à-dire sans prononcer des mots agressifs, sur un ton amical ou presque, comment une agression. Un pervers est une personne qui déteste la vie. (ce n’est pas forcément une personne qui veut manipuler l’autre comme les pervers-narcissiques).
On agresse toujours un être sensible
Car on n’agresse jamais un collègue, ni une maman, ni un commerçant : on agresse un être sensible.
Le premier degré obligé
« ne prends pas les choses au premier degré » : si ! Dans les interactions humaines sensibles, le premier degré est la forme instinctive. Si l’alarme incendie retentit, on n’organise pas d’abord une réunion, pour consulter le plan d’évacuation. Si une alarme retentit, on sort ! On réfléchit par après. Si un gamin traverse la rue sans regarder, on n’appelle pas ses parents, on le sauve de suite ! Premier degré, oui !
Réagir oui, revenir aussi
Et ensuite ? En principe, c’est la personne qui agresse qui doit revenir vers la personne agressée. Ce qui est trop rarement le cas.
Une primo-réaction proposée : « et ? » permet de passer le cap du premier degré et de donner de la distance aux deux parties. Quand on s’est pris un reproche, ou un reproche déguisé, répondre par un « et ? » agit généralement bien. Et ce « et ? » sera répété autant de fois que nécessaire, tant que l’agression continue.
Car l’agressé aussi, est un être sensible. Généralement, une agression est une façon désespérée de dire » j’ai besoin d’aide, ce que tu as dit, ce que tu as fait heurte le flux serein de vie en moi « . Mais ce n’est pas dans l’agression qu’on peut prendre du recul. Il vaut mieux laisser passer un peu de temps.