Étiquette : négation de la mort

L’immortalité dans le sens de la vie

Hannah Arendt utilise le concept d’œuvre pour désigner toutes les créations humaines qui dépassent le rang de la production et de la consommation. L’œuvre est l’activité par laquelle les hommes créent une culture commune qui dépasse leurs simples besoins vitaux, l’œuvre humaine est constituée aussi bien par les créations artistiques, les institutions, les lois, elle façonne le monde commun que nous héritons des générations passées et que nous transmettons aux générations futures.

Alors que le travail nous permet avant tout de produire le monde tel que nous le consommons, l’œuvre, au contraire, c’est le monde tel que nous l’habitons.

Hannah Arendt : « le devoir des mortels réside dans leur capacité de créer des œuvres immortelles, de sorte que par l’intermédiaire de ces œuvres, les mortels puissent trouver place dans un cosmos, un ordre où tout est immortel sauf eux ».

Lorsque nous mourons, nous savons que le monde auquel nous avons activement œuvré nous survit et c’est la seule immortalité à laquelle notre condition humaine nous permet d’aspirer.

Le travail ne mène qu’au produit, qui lui, ne sert que l’instant et ne donnera jamais du sens à une vie. Pour donner du sens à la vie, il faut savoir inscrire l’existence dans sa mortalité, afin que l’œuvre d’une vie soit le sens donné à celle-ci. C’est par le fait d’avoir fait de sa vie une œuvre que la vie a un sens. C’est donc par le fait d’avoir embrassé sa nature temporelle qu’un humain embrasse son immortalité.

Hannah Arendt et le lien à la nature

Hannah Arendt et le lien à la nature

« Depuis quelques temps, un grand nombre de recherches scientifiques s’efforcent de rendre la vie artificielle, et elles vont jusqu’à couper les liens qui maintiennent encore l’homme parmi les enfants de la nature » Hannah Arendt.

Hannah Arendt : «  la liberté humaine consiste à créer une réalité commune, celle d’un monde commun, celui qui nous accueille à notre naissance et que nous laissons derrière nous en mourant ».

La négation de la mort amène l’humanité à négliger sa place dans l’univers et dans la frise chronologique, lui faisant perdre la raison, celle d’être capable de répondre de ses actes aux générations passées et futures. C’est parce que la société du produit est la seule qui vaille que l’humanité consume la planète, condamne son avenir et tourne le dos aux sagesses du passé, ceci avec d’autant plus de rage que l’incertitude de cette réussite exclusivement matérialiste s’accroit. Même l’art, même le spirituel, même le plaisir sont des produits de consommation. Pire, aujourd’hui l’humanité la plus dégradée – celle de l’occident – est consciente de ses excès et de la perte de son âme, et sait au fond de son cœur que les produits ne remplacent pas le lien avec sa propre part intime de spirituel. Son comportement n’est donc plus de l’inconscience, mais un suicide collectif.

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