Étiquette : Amour et désir

Le rendez-vous sexuel, y compris pour les blessés de l’amour

Le rendez-vous sexuel, y compris pour les blessés de l’amour

 

Bien que personne ne pense que planifier une soirée entre amis va nuire au plaisir de se retrouver et d’être ensemble, les gens pensent souvent que planifier le sexe nuit au plaisir. Pourtant, particulièrement pour les blessés de l’amour, pour les personnes en mal de confiance et / ou d’estime, prévoir peut rassurer, et mener loin dans le plaisir.

Evitez de vous précipiter sur un/e inconnu/e, que ce soit une rencontre flash ou qui personnage fantasmé de longue date. Basez-vous sur la fiabilité de l’amitié, des valeurs partagées, et décidez en conscience de créer, d’expérimenter de nouvelles choses ensemble.

Partez ensemble, loin de vos quotidiens, partez ailleurs en amis. Jaugez-vous, regardez dans la même direction. Mêlez l’imagination à la réalité du voyage. Mélangez pour créer votre ambiance, votre intimité. Elle rassure, elle constitue un ancrage.

Imaginez ensuite la relation autrement, d’abord en secret, puis avec l’autre. Parlez-en, et décidez d’essayer. N’ayez pas peur, votre amitié sera plus forte que le moment de l’ouverture à l’hypothèse du peut-être. Mais ne passez pas à côté du peut-être, car peut-être que l’amour y était logé.

Le désir est une combinaison de curiosité et de risque. Créez une atmosphère d’attente autour du rendez-vous « sexuel ». Les préliminaires commencent à la fin de votre précédent orgasme, et englobent tout ce qui crée un état d’esprit de disponibilité à l’autre. Faites monter la tension sexuelle. Jouez, cherchez-vous, provoquez-vous dans l’espièglerie, envoyez-vous des sextos. Soyez curieux, faites des compliments à votre partenaire, dites-lui des phrases d’ouverture comme « est-ce que tu veux qu’on passe un moment ensemble, juste toi et moi », ou « ta présence fait vibrer en moi quelque chose de spécial ». Soyez sincères, soyez vous jusque dans vos maladresses, mais restez actifs, présents. Concentrez-vous sur de petites excitations réalisables pour vous mettre dans un état d’esprit coquin et érotique. Apprenez à vous connaitre : « qu’est-ce qui te rebute ? », « qu’est-ce qui t’excite ? ». Allez-y crescendo, découvrez-vous lentement, avec complicité, bienveillance, patience, amour !

Puis instituez des rituels, partagés, d’un commun accord. Ne faites rien en douce. Demandez. Le contexte donne l’assurance et sera la base de la créativité, et porte la tension du désir. Bien avant de passer au physique, ce sont des conversations dans une lumière tamisée, avec le jeu des reflets des lumières des bougies, la diffusion d’huiles essentielles, une musique très douce…et des sujets de conversation choisis, des silences, des regards de plus en plus longs. Osez, doucement, osez quand même.

C’est particulièrement important pour les personnes qui ont un rapport au corps compliqué. Dans ce cas, la parole est souvent compliquée également. Alors, passez beaucoup de moments à seulement aider l’autre à faire confiance à son corps, sans même le/la toucher pendant autant de temps qu’il le faut. Ne vous découragez pas, ni l’un ni l’autre, ne pensez pas que l’autre ne veut pas de vous, apprenez, tout en douceur, tout en bienveillance, avec une infinie tendresse. Ne forcez rien, n’allongez pas le moment s’il doit être court au début, ne vous fixez pas d’objectifs, soyez seulement à l’écoute de vos ressentis, ce ceux de l’autre. Et prenez votre temps, peut-être des mois s’il le faut, mais montrez toujours votre ouverture et votre volonté, restez actifs même si c’est seulement pour rassurer l’autre dans son attente d’un autre moment.

Puis, peut-être bien plus tard, ou peut-être jamais, ce sera une douche partagée, en silence et sans même se toucher. Puis, une autre fois, un massage sage. Faites des moments qui vous peuvent vous exciter tous deux des rituels. Un rituel n’a pas besoin d’être compliqué, il doit juste être partagé, plaisant, simple. Ajoutez les rituels à votre fondation. Puis doucement, allez toujours plus loin, et commencez à faire l’amour petit à petit, de tout vos coeurs et vos corps, le sexe ne se trouve pas dans les parties génitales, mais partout ! Et n’oubliez pas que l’excitation se trouve dans le cerveau. Soyez attentifs, soyez patients, soyez cool, ne cherchez pas la performance, mais le plaisir, apprenez à recevoir, et petit à petit vous vous accorderez, et vous vous découvrirez vous-m’aime ! Ensuite, ensuite commence un autre chapitre, que vous aurez d’autant plus de facilité à mettre en œuvre, en scène, en corps, que vous aurez préparé le terrain…

lire l’amour ou écrire l’amour

Parfois,  dans l’amour romantique, nous cherchons LA personne,  celle qui est le tout, la totalité de nos désirs, l’absolu ! Personne ne sera capable de remplir tous les désirs, tous les besoins. Un homme ou une femme peut être la plus formidable, la plus aimante et même la plus amoureuse des personnes, nul ne peut remplir tous les besoins de l’amour. Alors, on cherche à remplir le cahier des charges du conte d’amour qu’on a en soi, ce n’est donc pas une histoire à deux, c’est remplir les cases d’un amour intérieur figé dans le besoin de l’autre, statique et usant, ouvrant sur la frustration.

Ou alors, on fait une rencontre faite d’improbables, une suite de vécus dans la joie d’être et de marcher côte à côte. C’est écrire une histoire, à deux cette fois, c’est colorier, c’est aussi reprendre, parfois se tromper, recommencer. Ensemble. Ce n’est jamais une histoire parfaite. Jamais. Toutes les relations nécessitent du travail. Vivre une relation basée sur une amitié profonde, sur des valeurs partagées, la confiance, la compassion et la bienveillance peut créer une excellente base pour écrire une belle histoire. Ensuite, on peut s’ouvrir à y mettre du romantisme, de l’érotisme, une autre forme d’attente, celle des papillons dans le ventre et la délicieuse souffrance du manque de l’autre, cette fois ancré, dans le présent, dans la vie.

Une sommelière et quatre souvenirs

Quand elle présentait innocemment un vin blanc issu d’un terroir de granite qui développe sa puissance tout en dentelle et en finesse sur des arômes de fleurs blanches, je rêvais déjà, et me rappelais cette femme blonde, qui tournait et tournoyait par une journée enneigée d’hiver dans les salles de cette expo de tableaux très impressionnistes. Cette ingénue captait mon attention dans une fausse discrétion toute féminine, cultivant le mystère et disparaissant sans cesse entre les salles de la galerie. C’est plus tard, quand enfin je pus déguster sa présence, qu’elle me surpris avec son accent venu du Nord, sa langue natale était chaude et suave, dont elle emplissait plus tard le palais de mes plus vieilles certitudes pour m’emporter sur les pentes de ce Grand Cru Alsacien millénaire auquel je pense secrètement…souvenir…

Je devais avoir le regard ailleurs quand la sommelière enchainait alors sur un vin qu’elle disait puissant à la robe trompeuse, un vin fumé donnant sur une bouche large, haute et profonde. Je pensais à cette lumineuse brune croisée à cet apéro chez des amis par un soir de printemps. La douceur du couchant caressait ses épaules nues aux discrètes taches de rousseur. Il fallut ensuite être patient, mais le temps est l’allié des épicuriens et finalement elle s’ouvrait à moi, plantant son regard dans le mien, son parfum naturel s’enroulait tout autour de mon attention toute captivée, bousculait mes derniers doutes en les faisant rouler sur les pentes chaudes de ce Grand Cru Alsacien millénaire auquel je pense secrètement …souvenir de printemps…

La sommelière remarquait-elle mon trouble quand elle m’invitait à accompagner la viande rouge d’un profond vin rouge à la grande longueur et aux arômes de fruits rouges, qui me propulsait immédiatement vers le souvenir de cette femme aux épais cheveux noirs qui avait déboulé quelque été auparavant. Cette femme aux formes aussi affirmées que raffinées et à la peau soyeuse, dont les ongles avaient laissé les traces rouge sang dans mon dos, celle qui m’avait offert de partager cette framboise qu’elle tenait entre ses dents, telle un trophée à conquérir … ce souvenir ému dévalait ce Grand Cru Alsacien millénaire auquel je pense secrètement…

La jolie sommelière finit par s’agacer de mes rêveries quand elle me parlait enfin d’une vendange tardive aux accents d’abricot, je me souviens que mon esprit n’avait même plus honte de s’évader, et se matérialisait alors le souvenir de cette rousse flamboyante qui, un soir d’automne, manqua de me renverser avec son vélo, m’engueulant et vitupérant, m’arrosant de ses vains mots qui pour moi n’étaient que des promesses d’une folle et haletante chevauchée entre les courbes doucement rebondies de ce Grand Cru Alsacien millénaire auquel je pense secrètement…souvenir d’automne…

Les vendanges de l’amour du vin nous emportent parfois loin, et si le vin agite les sens à chaque gorgée, sa caresse n’arrive cependant pas à la cheville de la caresse ne serait-ce d’un regard de femme, et les mots savants des sommeliers ne décriront jamais ce qui se passe vraiment dans ma tête…

L’amour amoureux est le leurre de soi

La personne de qui tu tombes follement amoureuse n’existe qu’en toi. C’est un potentiel, une projection : avec lui/elle, je me sentirais heureux/se. C’est un désir, c’est ce que tu voudrais pour toi.  Ensuite, si la rencontre se fait, on donne tout son propre potentiel pour plaire à cette personne, et cette personne est séduite par celle que tu n’es pas. Ensuite tu bloques sur ce que tu vois en l’autre : l’amour, qui est ton désir. Ensuite tu te mets à vouloir retenir ce que tu vois en l’autre.  Tu retiens ce qui n’est pas, ce qui est en toi seule. C’est pour ça qu’à la fin, quand l’illusion qui est en toi se brise, tu reproches à l’autre de ne pas être celle/celui que tu as imaginé.

A la place, aime-toi ! aime ce que tu désires en l’autre, en toi ! Et tu seras aimée pour celle que tu es, pleinement, par une personne qui saura ne pas projeter son propre désir sur toi ! Car aimerais-tu être une projection de désir ? Non !

Relations amour et la haine sont joie et tristesse – Spinoza

Pour Spinoza, il n’existe en fait que ces deux sentiments fondamentaux : la joie et la tristesse.

Lorsque quelque chose ou quelqu’un nous apporte de la joie, nous allons concevoir de l’amour pour cette chose et inversement lorsque nous imaginons quelque chose qui diminue notre désir d’exister, nous allons concevoir de la haine pour cette chose. Donc au couple fondamental de sentiment joie-tristesse correspond à un deuxième couple de sentiments à savoir le couple amour et haine.

Spinoza dit que « tout ce qui provoque en nous un sentiment d’amour, nous voulons le faire croître, et tout ce qui provoque en nous un sentiment de haine, nous voulons l’anéantir »

Lorsque nous ressentons de la joie et que cette joie est associée à  une cause extérieure à nous, par exemple à une personne, nous avons une tendance naturelle à vouloir conserver cette personne près de nous, car elle maintient notre sentiment de joie. Et donc nous éprouvons de l’amour pour cette personne.

Spinoza nous dit que l’amour est une joie qui est toujours accompagnée de l’idée d’une cause extérieure à nous, c’est parce que lorsque nous aimons quelqu’un, nous ne pouvons pas sortir de nous-mêmes pour nous attacher à cette personne, nous ne pouvons pas fusionner avec la personne que nous aimons. Chaque fois que nous imaginons la personne que nous aimons, nous nous réjouissons d’exister, et cette réjouissance renforce notre propre désir d’exister, et donc notre désir de durer dans l’existence. C’est comme ça qu’on peut confondre la joie d’exister que nous procure la présence de la personne (et la volonté légitime de garder ces émotions), et la personne elle-même. C’est comme ça que vient la tentation de s’approprier une personne, la dépendance affective, mais aussi la jalousie.

Symétriquement, la haine est toujours une tristesse accompagnée de l’idée d’une cause extérieure à nous. Nous haïssons toute chose ou toute personne qui nous empêche de nous aimer nous-même, et donc qui fait diminuer notre désir d’exister ce que nous haïssons nous allons donc non seulement nous efforcer de l’éloigner de notre pensée mais aussi de le détruire. C’est comme ça que nous confondons la personne et les émotions que sa présence provoquent en nous, en nous menant à faire du mal à la personne alors que nous voulons échapper aux émotions que nous ressentons.

Nos sentiments d’amour et de haine ne sont pas véritablement orientés vers autrui, mais fonctionnent plutôt comme un baromètre qui nous indique les variations d’intensité de notre désir d’exister, et ces variations dépendent toujours des idées que nous nous formons des choses extérieures.

Confusion entre amour et désir

 

Confondre les deux, du moins ne pas clarifier, mène à des conflits, relationnels, extérieurs, mais aussi intérieurs, confusion des sens, et des émotions. C’est perdre des illusions que de clarifier l’Amour, confondu avec le désir souvent personnifié, matérialisé dans la possession d’une personne, de Dieux, d’animaux, dans des croyances, ou même d’objets. On ne donne pas l’Amour, on est Amour. Et on ne possède jamais l’Amour de l’autre.

La confusion entre Amour et désir crée un malaise, une incertitude, une peur, celle de perdre l’Amour si le désir de l’autre n’est plus dirigé vers soi.

Et si on parlait de plaisir ? dans le sens d’une réjouissance profonde, qui nourrit, qui satisfait. Par un comportement, je peux ressentir ce plaisir en la présence d’une personne, et souhaiter que ce plaisir dure, que je puisse le retrouver. C’est le désir. C’est normal des ressentir cela. Tous nos actes sont dirigés vers le plaisir, et dirigés aussi pour fuir le déplaisir.

On ne peut pas perdre l’Amour, il est là tout le temps, à l’intérieur. On peut perdre le désir, on le perd en permanence car il est instantané, fugace, volatile.

Alors vivre avec quelqu’un est-il de l’Amour ou du désir ? Souvent, on rencontre le désir, parfois on rencontre l’Amour, c’est à dire une personne qui facilite l’émergence de l’Amour en soi. Mais l’Amour n’étant pas personnel, une personne en Amour ne sera pas amoureuse d’une personne, mais sera Amour ! Etre amoureux c’est alors du désir.

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