Séparation

 » Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance « .

Il me semble parfois que l’humain se différencie des autres animaux par la conscience : savoir qu’on sait.

Cette faculté lui permet d’utiliser son intelligence d’une manière particulière.

Le cerveau devient alors plus qu’un cerveau qui raisonne. Il devient un instrument, un élément, une partie.

Le fait de savoir qu’on sait créer une séparation entre celui qui sait et celui qui sait qu’il sait.

Tout comme le corps, mais aussi les autres et le monde extérieur, la conscience est nécessaire pour identifier, pour utiliser, pour instrumentaliser tout ce que nous conceptualisons.

Ainsi, nous nous séparons de notre unité. C’est peut-être la cause de notre incapacité à faire un avec ce qui est extérieur au soi. L’incapacité à faire corps avec l’Un.

Et c’est aussi, peut-être, la cause de notre souffrance, cette solitude de l’âme, cette façon que nous avons d’être seuls, chacun est UN.

Ce qui n’existerait pas si nous n’avions pas la conscience ?

Les autres animaux agissent par le simple instinct : ils réagissent avant un événement traumatique, ressentent beaucoup d’énergie et agissent parfois en conséquence.

Ils ont une conscience qui est parfois grande, des formes d’intelligences bien supérieures aux nôtres, mais je pense qu’ils ne subissent pas cette séparation.

La conscience nous rend inconscients de certaines intuitions. Elle change notre rapport à ce qui est extérieur au soi.

Alors, l’humain a inventé tout un tas d’artifices. L’amour amoureux par exemple, qui nous lie à l’autre de manière immature. Ou encore la philosophie. Ou encore les clubs, les communautés qui s’identifient, le patriotisme, le fanatisme…  Je ne pense pas que les oiseaux ou les mammifères fonctionnent de cette manière.

C’est aussi cette conscience qui fait de nous des êtres qui jugent. Cette conscience nous fait dire que nous aurions du savoir, qu’ils auraient du savoir, qu’il ou elle a tort, ou encore que l’autre est comme ça ou comme ci.

Sans cette conscience, nous agirions sans nous poser tout un tas de questions.