Sortons de la boite

 » Si tu traverses l’enfer : continue d’avancer ! «  – Winston Churchill.

Cette phrase attribuée à Winston Chruchill mérite de sortir de la boite, je pense.

Quand dans la vie, celle de tous les jours et celle des dates qu’on retient, nous sommes dans une nasse, dans une situation compliquée, inextriquable, embarrassante, merdique, catastrophique, dramatique, traumatique … il vaut mieux avancer, continuer, marcher, processer, procéder, mettre un pas devant l’autre.

Cette phrase n’est pas seulement un appel à l’acte de continuer. C’est un état d’esprit. Celui de continuer de vivre. Ou de ne pas oublier de continuer à vivre.

Dans la difficulté, nous avons tendance à nous figer. C’est une réaction naturelle. Et quand on fige, on glace, et l’eau du fil de la vie ne peut pas s’écouler librement.

Figés, nous sommes vulnérables, car statique nous sommes faciles à repérer pour les ennemis que sont les pensées obsessionnelles, les ruminations, les frustrations. La pensée ne peut devenir rumination que si elle se trouve dans un milieu statique.

Chruchill parle bien de traverser l’enfer. Pas d’y séjourner ! Or, notre réflexe, souvent, est de penser l’enfer comme un endroit, une localisation où l’affect, les pensées, les émotions stagnent. Pourtant, l’enfer comme les bons moments de la vie n’est pas un lieu d’éternité.

Car rien n’est permanent. Les bons moments de la vie sont toujours temporaires, et c’est notamment pour ça que certaines personnes prennent tant soin de les préserver. Mais les « mauvais » moments aussi, sont temporaires. Et ce sera même vrai au moment de quitter ce corps.

Au contraire, la phrase de Churchill nous dit d’avancer dans ce qui n’est qu’une traversée ! Churchill ne nous dit pas de nous enfoncer dans l’enfer, au contaire, il nous dit que nous ne faisons que le traverser, et nous invite à ne pas rester au milieu d’une route où, là en effet, nous pourrions nous faire renverser : renverser par des véhicules de la vie que sont les mauvaises nouvelles, les mauvaises personnes, les mauvaises intuitions.

En somme, nous sommes invités à rester dans la dynamique de la vie, celle qui justement nous fera retrouver l’autre côté de l’enfer. C’est bien par le fait de rester en mouvement, dans la vie parce que la vie est mouvement et le mouvement c’est la vie, que nous traverons l’enfer.

Continue d’avancer ! nous dit-il. Il ne nous dit pas de (juste et seulement) traverser, il nous invite à continuer. Continuer à vivre, continuer à avancer. Continuer la vie, sans se couper de l’avant. Continuer dans l’élan de ce verbe.

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